H Imaginaire de la fin du livre : figures du livre et pratiques illittéraires
Dans un contexte culturel marqué par une crainte de la disparition du livre, on voit apparaître de nombreuses figures du livre et du texte. Ces figures sont des livres, mais aussi, d’une façon plus précise, des textes, qui ne se donnent pas à lire, mais à regarder. Des textes devenus en partie illisibles, où l’accès aux signes et à leur sens est entravé d’une façon ou d’une autre. Ces textes peuvent avoir été simplement effacés, comme ils peuvent avoir été altérés par une accumulation de notes et de signes ou rendus opaques par une mise en page complexe, de même que par l’ajout de fonctionnalités informatiques. Ce sont des écrits où la dimension iconique prévaut sur la dimension linguistique. Trois exemples de livres altérés sont décrits. Dans les trois cas, le travail de réappropriation et de transfiguration des pages ne conduit pas à délaisser le format du livre, celui-ci est maintenu malgré tout. Les pages sont recouvertes de noir ou de dessins variés, qui laissent transparaître à l’occasion l’écrit original, ou encore elles sont découpées, ne laissant du papier que des languettes. Ce sont : A Humument. A treated Victorian Novel, de Tom Phillips ; TNT en Amérique de Jochen Gerner et Tree of Codes de Jonathan Safran Foer.